Le constructeur pionnier d’hélicoptères légers Guimbal a confirmé l’un des secrets les moins bien gardés de l’industrie, en lançant – de la manière la plus douce possible – un « grand frère » de son Cabri G2 biplace.
Doté d’un rotor principal à quatre pales, d’un rotor de queue anti-couple caréné, d’un moteur à turbine et d’un espace pour quatre passagers et un pilote, le Grand Cabri G5 constitue une amélioration significative par rapport au G2 à pistons.
Bruno Guimbal, fondateur et directeur général de l’entreprise française, affirme que le développement du nouveau giravion a été motivé par la demande des opérateurs.
« Lorsque nous avons commencé à livrer des hélicoptères il y a 15 ans, nous avons très vite constaté que chaque fois que nous rencontrions (des clients), la première question qu’ils posaient n’avait rien à voir avec le G2, mais plutôt ‘que diriez-vous d’un grand frère, que diriez-vous d’un quatre places ?' », a-t-il déclaré aux journalistes lors d’un point de presse à la mi-février.
Mais cette longue période de gestation a donné à l’entreprise « le temps d’affiner sa stratégie », dit-il. « Nous avons examiné différentes options et nous sommes maintenant (en mesure) de présenter ce que sont devenues toutes ces options. »
Bien qu’il ait « officialisé le programme » lors du salon Verticon à Atlanta, Guimbal ne révèle pas de calendrier pour son développement.
« Je ne suis pas très à l’aise avec ça. Je ne suis pas prêt à vous donner un calendrier, même si je sais qu’il est très facile de donner un jalon et de le modifier ensuite.
« Tout le monde voulait que nous soyons là très rapidement et nous n’allons pas mettre en péril l’indépendance de toute l’entreprise juste pour gagner quelques années », souligne-t-il.
Guimbal affirme que le G5 répond aux demandes des opérateurs pour « l’ADN du Cabri et l’ADN des hélicoptères modernes », fournissant « quelque chose qui fait le lien entre le Cabri et le (Airbus Helicopters) H125 ».
Pendant de nombreuses années, ce créneau a été occupé par l’Airbus Helicopters H120, un cinq places propulsé par l’Arrius 2F de Safran Helicopter Engines. Mais après des années de baisse des ventes, Airbus a mis fin au programme en 2017.
En effet, Guimbal a été ingénieur en chef adjoint pendant quatre ans sur ce qui était alors l’Eurocopter EC120, lors de son passage chez le prédécesseur d’Airbus Helicopters.
Bien sûr, cela signifie que même s’il aimait le H120, comme il le devint plus tard, et qu’il reconnaissait sa popularité, « ce n’est un secret pour personne que l’EC120 était sous-alimenté ».
Le Grand Cabri, dit-il, « n’aura rien à voir avec l’EC120 en termes de performances », qui, pour sa masse maximale au décollage de 1,7 t, était capable de voler à 383 nm (710 km), à une vitesse de croisière de 122 kt (226 km/h).
Guimbal indique que le nouvel hélicoptère utilisera un moteur à turbine similaire à celui du H120 – l’Arrius 2D de 450 ch (335 kW), équipé d’un FADEC à double canal.
Il s’appuie sur certains aspects du G2, doté d’un fuselage composite et de pales de rotor principal similaires à rapport d’aspect élevé.
L’objectif de Guimbal est que le G5 offre une véritable « capacité multi-missions », note-t-il, ajoutant : « Le G2 est un très bon hélicoptère mais ses missions sont assez limitées. » En fait, environ 85 % des opérations de Cabri concernent la formation, dit-il.
Sa vision du G5 est celle d’un « mini-H125 », offrant les mêmes « excellentes performances et une polyvalence exceptionnelle ».
De plus, bien qu’il soit globalement plus petit que le H120, le Grand Cabri présente la même taille d’habitacle, aidée par un moteur et une boîte de vitesses « compacts » pour libérer de l’espace dans l’habitacle.
Parallèlement, Airbus Helicopters a pris une participation minoritaire non divulguée dans Guimbal, en grande partie motivée par la nécessité de sécuriser sa chaîne d’approvisionnement pour le drone naval VSR700 basé sur G2 alors qu’il entre en production en série.
Guimbal affirme que la participation n’est « pas significative… c’est seulement un problème juridique et financier » et ne modifiera pas la gouvernance ou l’indépendance de l’entreprise.
