Un choix mûrement pesé
En 2022, les Morel ont quitté leur région parisienne pour un nouveau départ. Le stress, le coût de la vie et l’impression d’un rythme qui ne cesse jamais ont fini par les pousser à agir. Ils voulaient une existence plus souple, plus humaine, loin du sentiment d’étouffement.
Leur décision n’a rien d’un coup de tête : pendant des mois, ils ont comparé marchés, écoles, réseaux de transport, et possibilités de travail à distance. Leur objectif était clair : retrouver une qualité de vie tangible et préserver une cohérence familiale. C’est ainsi que le nord du Portugal s’est imposé, loin des grandes capitales saturées.
« On ne voulait pas fuir la France, mais retrouver une qualité de vie qu’on pensait perdue », confie Antoine.
Des critères précis, une réponse évidente
Avant de partir, ils ont listé ce qui comptait vraiment, sans compromis sur l’essentiel. Le pays devait offrir un cadre accueillant et un quotidien financièrement tenable. Le Portugal, et particulièrement la région de Braga, cochait ces cases.
- Un climat tempéré et lumineux
- Un logement abordable et de bonne qualité
- Une vraie culture de la famille et de l’entraide
Ils ont volontairement évité Lisbonne et Porto, séduisantes mais chères, pour un village plus calme et mieux adapté à leur projet. Là-bas, ils ont trouvé une communauté solidaire, un marché immobilier raisonnable, et une vie plus douce.
Un quotidien apaisé
Dès l’installation, la différence a été frappante : moins de bruit, des échanges plus chaleureux, un rythme qui laisse respirer. Le soir, on entend les cloches du village et les conversations sur les places plutôt que le vacarme permanent. Le week-end se partage entre l’Atlantique sauvage et les collines verdoyantes.
La vie coûte moins cher, mais elle vaut surtout plus cher en sensations et en temps gagné. On cuisine des produits frais, on marche davantage, et l’on se parle sans montrer la montre toutes les cinq minutes. Cette simplicité a rapidement changé leur humeur et leur énergie quotidienne.
École et travail réinventés
Leur fille a intégré une école publique à taille humaine, où l’on connaît les prénoms et où les parents sont invités à participer. Les devoirs sont mieux pensés, et la pression semble plus juste. La progression en portugais a été rapide, grâce à l’immersion douce proposée par l’équipe.
Antoine a gardé son poste de développeur web en télétravail, profitant d’une connexion fiable et d’un fuseau compatible. Sophie s’est lancée dans un blog dédié à leur nouvelle vie, mêlant récits, conseils et découvertes locales. Chacun a trouvé un nouvel équilibre, sans sacrifier ses aspirations.
« Ici, on peut vivre décemment avec 2 000 € par mois, logement compris. En France, c’était juste impossible. »
Des défis bien réels
Rien n’a été complètement simple : la langue a parfois constitué un mur, et les démarches ont demandé de la patience. Les premières semaines ont été rythmées par les rendez-vous administratifs et les formalités scolaires inconnues. Les coups de fil à la famille, restée en France, ont aidé à combler la distance.
Mais l’accueil du voisinage a fait la différence : on leur a prêté des outils, proposé des adresses, et invité aux fêtes du quartier. Peu à peu, les appréhensions ont laissé place à une vraie confiance. Les obstacles sont devenus des étapes, puis des souvenirs.
Le goût d’une communauté
La vie sociale s’est enrichie d’habitudes conviviales : repas partagés, anniversaires ouverts, fêtes de village au son des fanfares. On se retrouve autour de plats simples, de vins régionaux, et d’une générosité spontanée. La communauté ne se résume pas à des mots : elle se pratique, au quotidien, avec des gestes simples.
Ce rapport au temps, plus doux et plus circulaire, leur a redonné une forme de liberté. Ils sont devenus plus présents à eux-mêmes, plus attentifs aux saisons, aux marchés et aux rythmes locaux. Ils disent avoir retrouvé une sérénité qu’ils pensaient perdue.
Un bilan sans hésitation
Avec le recul, les Morel estiment avoir fait le bon choix, à la fois pour leur fille et pour leur couple. Ils ont troqué la course au temps contre un cap plus clair et plus mesuré. Les projections financières sont stables, leurs projets personnels plus concrets, et leur horizon plus ouvert.
Ils se disent ni exilés ni désabusés, mais simplement en quête d’une vie qui leur ressemble davantage. Le Portugal leur a offert un cadre où cette quête devient un quotidien, et non un vœu pieux. Et, surtout, il leur a permis d’habiter pleinement ce qu’ils appellent désormais leur chez-eux.
« On se sent mieux ici. Plus vivants. Plus libres. »
