Se garer sur une place réservée aux personnes à mobilité réduite sans en avoir besoin est déjà un manque de civisme. Occuper deux emplacements PMR d’un coup est une double faute, à la fois pratique et morale. Dans une commune de Saône-et-Loire, un automobiliste au volant d’un Renault l’a appris plus vite qu’il ne l’imaginait, avec une amende salée à la clé.
Un geste qui pénalise les autres
La police départementale a partagé la photo d’un véhicule occupant deux places PMR, marquées au sol et facilement identifiables. Selon l’accompagnement du post, le conducteur possédait probablement une carte de stationnement, ce qui l’autorise à utiliser ces emplacements. Mais le problème est ailleurs : il a pris plus d’espace que nécessaire, empêchant un second usager de se garer.
Même avec une carte PMR, la règle est simple : un seul emplacement par véhicule, et un stationnement strictement à l’intérieur des marquages. Déborder, mordre sur une bande, ou occuper deux cases complique la vie des personnes qui en ont un besoin vital, notamment celles qui doivent déployer une rampe ou ouvrir une porte en grand.
Le droit et l’éthique, main dans la main
Le Code de la route est clair : le stationnement gênant ou très gênant sur des emplacements réservés est sanctionné par une contravention de 4e classe. L’article R417-11 prévoit une amende de 135 €, avec possibilité d’immobilisation ou de mise en fourrière selon la situation. Ici, l’occupation de deux places constitue un manquement évident au principe de bon usage des emplacements réservés.
Mais au-delà du droit, il y a l’éthique qui guide la vie en commun. La carte PMR n’est pas un passe-droit, c’est un outil d’égalité pour compenser un handicap. Chaque centimètre de largeur compte pour ceux qui utilisent un fauteuil, une canne, ou des aides de déplacement. Prendre deux places, c’est priver quelqu’un d’une activité essentielle : aller au travail, faire ses courses, se rendre chez le médecin.
Un rappel ferme des autorités
Alertés par la situation, les policiers n’ont pas tardé à dresser une amende. Le propriétaire du véhicule recevra une sanction de 135 €, correspondant à un stationnement irrégulier sur zone réservée. Rapide et symbolique, la réponse vise à rappeler que la vigilance est permanente, même quand le parking semble à moitié vide.
“Notre rôle est de garantir un accès réellement prioritaire à ceux qui en ont besoin. La carte PMR n’autorise pas à occuper deux emplacements : elle garantit un accès, pas un privilège.” Cette mise au point, relayée par la police locale, résume l’esprit des règles et le sens du civisme.
Pourquoi ce geste est si lourd de conséquences
Ce type d’occupation abusive perturbe la rotation des places et peut compromettre des rendez-vous importants. Une personne peut manquer un train, rater une consultation, ou se voir contrainte à renoncer à une sortie faute d’un espace pour déployer une rampe. Chaque fausse manœuvre a un coût humain, souvent invisible pour ceux qui n’en subissent pas les effets.
On l’oublie parfois : beaucoup de gabarits adaptés PMR sont plus larges et demandent des angles d’ouverture inhabituels. Les marquages au sol ne sont pas un ornement, mais un espace de sécurité calculé pour des besoins précis, y compris l’aide d’un accompagnant.
Les bons réflexes à adopter
Quelques habitudes simples suffisent à préserver un accès équitable et à éviter des sanctions inutiles :
- Toujours se garer entièrement à l’intérieur des lignes, sans mordre sur la bande d’accès.
- Ne jamais utiliser une place PMR sans autorisation, même pour une “minute” pressée.
- Laisser la largeur nécessaire aux portes et aux rampes, surtout sur les côtés latéraux.
- Vérifier la signalisation, au sol et sur les panneaux, avant de se stationner.
- Signaler un véhicule gênant aux autorités, sans confrontation directe risquée.
Un rappel utile à tous
L’incident de Saône-et-Loire agit comme une piqûre de rappel : la route est un espace partagé où la règle protège les plus vulnérables. Chacun de nous peut, par un simple geste, faciliter la vie d’autrui et rendre la ville plus accueillante. Mieux se garer, c’est gagner du temps collectif, éviter des conflits, et montrer qu’un droit n’est jamais un passe-droit.
L’amende tombe vite, mais la vraie leçon va plus loin : la mobilité n’est inclusive que si l’on respecte le cadre pensé pour celles et ceux qui en dépendent au quotidien. Si un jour vous hésitez sur un emplacement, souvenez-vous que cet espace peut être la condition d’une autonomie retrouvée, et d’une journée qui se déroule sans obstacle.
