L’acquisition par la Suisse de chasseurs furtifs Lockheed Martin F-35A ne suffira pas à atteindre les 36 exemplaires prévus par le contrat en raison de restrictions budgétaires, a annoncé le Conseil fédéral suisse.
«Les discussions avec les États-Unis cet été ont montré que la Suisse ne pouvait pas imposer le prix fixe convenu contractuellement pour l’avion de combat F-35A», a déclaré le 12 décembre le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS).
Le gouvernement américain attribue cela à « des coûts supplémentaires liés à l’inflation, à l’évolution des prix des matières premières et à d’autres facteurs », ajoute-t-il.
Approuvée par référendum public en septembre 2022, l’acquisition du Swiss F-35 s’inscrit dans le cadre d’une activité de modernisation de la défense aérienne couvrant l’achat des systèmes Raytheon Patriot et Diehl Defence IRIS-T SLM.
L’approbation a plafonné les dépenses totales de Berne pour le chasseur de cinquième génération à 6 milliards de francs. Cela équivalait à un peu plus de 6,2 milliards de dollars à l’époque ; un chiffre qui s’élève depuis à environ 7,5 milliards de dollars aux taux de change actuels.
« En raison des coûts supplémentaires prévisibles, il n’est pas financièrement viable de maintenir le nombre initialement prévu de 36 F-35A », indique le DDPS.
Les livraisons d’avions devraient être effectuées entre 2027 et 2030, selon le calendrier initial du contrat.
Le gouvernement suisse n’a pas révélé combien d’avions il prévoit pouvoir acquérir grâce au financement approuvé.
Une étude récemment réalisée par le commandant de l’armée de l’air suisse a souligné l’importance du F-35 pour renforcer l’interopérabilité avec d’autres opérateurs européens de ce type, selon le ministère de la Défense.
«Dans ce contexte, le Conseil fédéral ne peut envisager de renoncer au chasseur F-35A», précise-t-il. « Concrètement, le Conseil fédéral a chargé le DDPS d’acquérir le plus grand nombre possible de F-35A dans les limites financières fixées par l’arrêté fédéral du 15 septembre 2022. »
La Suisse neutre est en passe de consacrer 1% de son produit intérieur brut à la défense d’ici 2032. Mais, constatant que «la situation en matière de sécurité reste tendue», le DDPS indique qu’il «soumettra avant fin janvier 2026 des valeurs cibles pour le développement ultérieur de la procédure visant à renforcer la sécurité et la défense de la Suisse».
«Une fois ces questions clarifiées, le Conseil fédéral souhaite se prononcer sur l’éventuelle acquisition de F-35A supplémentaires afin d’atteindre le nombre prévu de 36», précise-t-il.
Le DDPS estime quant à lui qu’à terme, la Suisse devra disposer d’une flotte moderne comprenant entre 55 et 70 avions de combat. « Toute augmentation possible des moyens aériens au-delà de l’acquisition déjà décidée du F-35A sera envisagée quel que soit le type d’avion », indique le communiqué.
La capacité actuelle de chasse de l’armée de l’air suisse est assurée par 25 Boeing F/A-18C et 15 Northop F-5E, selon les données des flottes de la société d’analyse aéronautique Cirium.
